Mon Gynéco: cet homme formidable.

Ca y est je te vois déjà toi individu de sexe mâle égaré sur ce blog avec ta recherche « Metal hardcore« , avoir la nausée rien qu’à la lecture du titre. Que veux-tu des fois j’ai des relans de fillassitude. En bonne fille que je suis (si tu veux dire que je suis une fille bonne tu peux) je suis dotée d’un vagin. Ben ouais mes gosses ne viennent pas de chez Prisunic.

Je disais, donc en bonne fille que je suis, je ne peux résister à l’envie d’exposer mon intérieur publiquement sur la toile. Tu veux un petit sac en papier ou ça va aller? Tu dis hein si tu ne te sens pas bien.

Pour citer ce célèbre philosophe qu’est Garth dans Wayne’s world : si tu vomis, vomis là dedans

 

 

Se faire inspecter la tuyauterie c’est jamais drôle hein il n’y a sans doute que les individus de sexe mâle qui peuvent penser que la gynécologie est une discipline prisée par les hommes parce que c’est super excitant ou qui rêverait secrètement d’exercer ce métier pour la raison précédemment invoquée. Bizarrement, protoctologue ça déchaîne un peu moins les vocations.

D’un autre côté, ce serait sans doute les mêmes, qui au moment de pratiquer leur devoir conjugal après une dure journée de labeur, balancerait à leur dulcinée : «  ah non ça me rappelle le boulot ! » t’y avais pas pensé à celle-là hein, avoues.

Le gynécologue c’est un docteur, le docteur du fondement de la féminité certes, mais un docteur quand même, et moi, les docteurs quelle que soit la partie de l’intérieur ou de l’extérieur dont ils  s’occupent, je ne les aime pas trop.

« Elie tu fais une crise d’asthme, là ! Non ne nie pas ça fait 3 jours que j’ai l’impression de vivre avec Dark vador !! Tu ne veux pas aller voir un médecin ? Ben tu ne viendras pas te plaindre si tu meurs ! »

Surtout que mon-gynéco-cet-homme-formidable il travaille en cabinet (et dans les siens éventuellement pourquoi pas) mais il exerce aussi en clinique et il pousse même le vice à exercer dans une clinique où il ya une maternité et même un côté consultations et un côté-pousse-ton-cul -de-là-bordel-je-suis-entrain-d’accoucher– d’ailleurs il faut bien faire attention à ne pas te tromper.

J’aime pas cette salle, elle annonce déjà la couleur de ce qu’il risque de t’arriver (bon en même temps tu sais pour quoi tu es là t’as donc eu le temps de te faire à l’idée), je n’aime pas non plus qu’on me regarde avec des yeux écarquillés –en moi-même-Kesta grognasse à me dévisager ?! C’est quoi qui te gènes chez moi mon sweat guns ou mes cheveux rouges ? j’critique pas ton bandeau de grossesse 50% papa 50% maman  (un 50% maman 30% facteur et 20% voisin du dessous m’aurait bien fait marrer par contre) et ton tisheurt Kiabi rose pétale indiquant que tu couve une « pitite princesse » pourtant y’en aurait des choses à dire…….

Une fois qu’on t’a bien matée, tu peux allée poser ton fessier sur une charmante petite chaise en plastique, ils doivent ne pas être au courant que c’est de l’obstétrique principalement qu’on cause ici et que les royaux popotins prêts à donner la vie on besoin d’un peu de moelleux et que celles qui n’ont pas de bébé en cours de fabrication apprécieraient aussi grandement de ne pas chopper des escarres sur ces engins de torture. Surtout quand tu sais que tu vas poireauter environ heure de rdv+ 2 heures.

Une fois, que toutes les paires d’yeux présentes t’ont scannée de haut en bas, le regard va se fixer sur le gyron maternel ou le gras du bide persistant c’est selon. Tu devines les réflexions intérieures sur enceinte/ pas enceinte.

Vu qu’il faut bien passer le temps, que relire 23 fois la même page de mon bouquin en me farcissant le compte rendu de la prépa prénatale de ma voisine me gonfle ostensiblement je préfère finalement  décortiquer la déco ou plutôt l’absence de celle-ci.

Mon attention se fixe sur le troplein de belles affiches bien culpabilisantes ou alors préventives du style « fumer c’est mal » « ne pas congeler, secouer votre enfant ». Tiens, une affiche du salon du baby primée depuis 8 mois, s’en suivent  les tarifs des échographies, des praticiens, des dépassements, sage femmes, préparation à la naissance…Comme ça t’as encore le temps de débloquer ta réserve d’argent cofidis pour avoir l’immense honneur d’accoucher dans une clinique privée. Cela devrait me laisser indifférente vu que je n’ai pas d’allien en cours de fabrication mais non en fait même pas prête à mettre bas ça me gonfle la pseudo info qui n’en est pas ou tellement généraliste qu’au final on se demande à qui cela peut bien s’adresser ou la publicité déguisée en « viens on va t’expliquer » forcément  t’es enceinte donc complètement conne alors viens mr Pampers y va t’esspliquer comment ne pas tuer ton rejeton en lui changeant sa couche.

 

Vient enfin mon tour.

« C’est tout droit, au bout du couloir « 

En même temps tu veux que j’aille où ? vu qu’il n’y a que le secrétariat et les toilettes  de ce côté ?!  On se croirait dans «  y’a que la vérité qui compte « sauf qu’il n’y a pas Sam et que je ne suis pas sûre de trouver la vérité au bout du couloir mais il y a bien un rideau dans son antre ou plutôt un paravent et un écran pas sans rappeler :

« Elie regardez qui vient vous dire bonjour….vos ovaires ! Ils sont prêts à vous pardonner toutes ces années de maltraitance et reprendre contact avec vous. Allez-vous reprendre une histoire commune ? »

 

Plus sérieusement, tu rentres dans une pièce plus no-design no-déco no-personnalité tu meurs mais avec quelques petites touches qui moi me font surkiffer. Déjà mon gygy (langage de doctinaute fortement adapté à la situation tavu) il a un tableau de Miss Tic (meuuh non pas pas l’espèce de sorcière de picsou,ignare) Miss Tic l’artiste et ça ça claque sa race.

Là, où tu vas voir pourquoi il est si formidable c’est qu’on cause pas mal aussi tous les deux de tout sauf de mon utérus en général. Il est passionné d’art et de mode, je ne me défends pas trop mal alors des fois pendant que j’ai les pieds dans les étriers, le fessier à l’air on disserte sur Matisse ou il me demande des fois des compléments d’info sur sa lecture de Kandinsky des trucs dans le style tu voies.

Et croies-moi ça dédramatise drôlement la situation.

Bon, des fois j’admets, j’aurais bien aimé, qu’il me parle un plus longuement de mon parasite d’utérus ou de l’état de celui-ci.

« Tiens, tu vas te piquer à l’ovitrelle, au fait t’es allée faire un tour à la galerie du jour récemment ? On va mettre du Clomid avec tiens. Ah bon ?  Galerie thadeus ropac ?! « 

Il peut aussi me proposer de la chirurgie plastique avec son bras enfoncé jusqu’au coude dans ma cavité utérine. Ou me raconter ses vacances en Espagne et ô combien j’avais raison, le travail de Gaudi est bien plus impressionnant en vrai tout en raclant jenesaispaset jeneveuxpassavoirquoi à travers le speculum.

On parle de mes fausses couches à répétions en alternant avec Almodovar et en terminant par mon look du jour qu’il a adoré (en même temps après 456 t-shirts  / jour c’est sûr que ça doit changer son quotidien) je te l’accorde c’est un des seuls à avoir le droit de me dire « sympa ton déguisement «  avec une belle pointe d’ironie car il attend de la part le classique démarrage au quart de tour en mode harpie.

Je ne râle pas car un « Youuhouh mec je ne voudrais pas déranger mais tu sais il y’a quelqun au bout du vagin hein » m’aurait sérieusement poussée à laisser tomber tout examen du type pendant tellement longtemps qu’on aurait été obligé d’utiliser un couteau à huître pour m’ausculter.

C’est un cliché mon gynéco on pourrait le croire tout droit sorti d’Urgences (plutôt CHU de Créteil que Cook county hospital) il ne ressemble pas non plus au Dr Ross mais comme lui il a un joli pyjama bleu les jours de garde. Par contre les crocs aux pieds ça flingue l’éventuel potentiel sensuel, en même t’es à côté d’une maternité  et chaque détail et là pour que tu ne l’oublies pas.

Quand il est en blouse blanche y’a la moquette qui dépasse et la chaîne qui va bien : un cliché je te dis, il ne lui manque plus que le bronzage marron et les dents blanches et il a le profil chirurgien esthétique !

Il ne souvient pas de mon nom mais ce souvient très bien de moi. Faut dire que je n’ai pas failli à ma réputation mais qu’il en a bien chié avec moi. Je lui en ai fait baver au môssieu. Non pas que je lui ai pourri la vie mais en vérité si un petit peu quand même.

Ca fait un peu plus de 10 ans qu’il doit flipper sa race quand il me voit trainer mes Iron Fist jusqu’à la table d’auscultation. Il a aussi sût me conseiller les bonnes personnes au moment opportun, prendre en compte mon histoire personnelle, les drames survenus les années précédent l’arrivée de l’héritier, faire en sorte que cela ne se reproduise pas, me prendre avec un passé médical compliqué, avec des traitements tordus et des états d’âmes de psychopathe à faire flipper Freddy Krüger, à  me dire :« tu voies finalement que tu ne l’as pas trop loupé ton bébé même si il est né un peu tôt » , à lutter pour trouver des explications (moi j’en ai une : Dame Nature c’est  qu’une grosse teupu » , à quand même s’inquiéter et à s’ enquérir de la santé de ma descendance, à me dire que si j’envisageais de ne pas prendre de péridurale il irait boire un café avec l’homme le temps que je termine parce que je gueule déjà beaucoup trop en temps normal.

J’l’aime bien, j’aime pas sa clinique, j’aime pas la façon dont on nous traite dans les hostos, j’aime pas le suivi qu’on les oblige à nous proposer systématiquement, mais j’aime bien l’homme et j’aime bien quand il me dit que cette saloperie d’utérus et une œuvre d’art.

C’est con mais ça m’aide à vivre avec ce truc qui ne marche pas comme il devrait et qui m’a tant fait galérer….

 Ps. Pour le concours mise en ligne des photos demain soir en prîncipe si on en s’en sort entre les paquets coincés et ceux qui n’arrivent pas

11-09-01

Ne paniques tu vas encore bouffer du mélo sur LE 11 septembre. Je laisse le soin à ceux qui un coeur et/ou de l’émotion à l’intérieur de le faire et bien mieux que moi en plus.

Moi j’vais te causer de MON 11-09-01 parce que vois-tu , certes « l’évenement » a remué la terre entière, mais chez moi aussi ça a remué ce jour là……

Pendant que le monde entier était tourné vers Etats-Unis moi j’étais plurôt tournée sur ma personne. J’étais aussi victime d’un coup du sort mais mon histoire elle se termine beaucoup mieux.

Un petit retard qui aurait put passer inaperçu si jamais tu n’avais pas été en plein TP (tu noteras le langage forumesque digne d’une Magicmaman hein!). Lorsque tu es « en essai », au bout de 2h de retard t’as déjà été dévalisé le rayon Clearblue de la pharmacie la plus proche et tu t’empresses de faire pipi partout sur le petit objet prévu à cet effet. Ce sera sans doute la seule fois où tu seras si pressée d’aller pisser !

Comme une grande tu déballes l’engin, tu survoles la notice (hé à d’autres hein le coup « nannn moi j’ai tout lu en entier!) ou plutôt tu regardes juste combien il faut de traits sur l’objet de torture et accessoirement si la couleur a une importance. A cette époque,je ne devais passer forum-er pour être à la pointe de l’info parce que la couleur à vrai dire on s’en tamponne le coquillard avec une plume de paon ,sauf, si tu fais un test pour une infection urinaire mais là c’est que t’es encore moins douée que moi et tu as par conséquent, toute ma sympathie.

Après, grand moment de solitude, parce que y’a pas moyen que Chéri entre dans la salle du trône avec toi, d’un autre côté ça m’arrange, était une fille vraiment douée, il a fallu que je m’y reprenne à 4566 fois avant d’avoir put « viser » le minuscule machin et là tu peux dire adieu à toute forme vie sexuelle si en plus tu te farçi un spectateur.

Oui il m’a fallu plusieurs prises, ben j’y peux rien,mais en général les objets qui me suivent dans mon intimité sont faits pour être introduits et vachement plus fun que mr Clearblue alors ne me juge pas!

T’as ravalé ta fierté et put uriner sur la chose (et tes doigts!!) maintenant faut attendre, tu psychottes, t’as des visons: « mais siiiii regardes le trait on le voit, laaaaaaaa » ou comme moi tu te fais suer alors tu compte les carreaux de carrelage des toilettes.

Résultat….et merde….bleu…1….2…p’tain y’a 2 traits?! vas-y que je relis encore et encore cette saloperie de notice avant d’aller consulter le chromosome XY le plus proche. Qui aura bien caché sa joie ce jour là d’ailleurs, p’tit con va, t’avais de la chance que j’étais pleine d’hormones  parce qu’en temps normal, le world trade center, à côté de ce qu’il t’attendait, c’était du pipi de chat!!!!! L’emasculation à la petite cuillère ça te parles?

Non pas que j’en sois à mon dépucelage en matière de grossesse, mais cette fois c’était un peu différent, fallait mon équilibre mental que ça fonctionne.Si on dit que l’espoir fait vivre moi j’étais bien vivante, très en vie même.

On envisageait sérieusement de l’appeller Désiré(e) rien que pour le/la faire chier, après l’attente subie c’est un moindre mal. On a eu peur qu’une nouvelle fois ça n’aille pas, ça n’aille pas jusqu’au bout, qu’il y a encore des erreurs de programmation ou des loupés dans le moteur, appelles-ça comme tu veux. A l’arrivée, à part une petite erreur sur la date de livraison et quelques options manquantes on est finalement pas trop mécontents du résultat même si ça a tout changé en pire. Enfin ça dépend des jours, y’en a certains où je le rapporterais bien au SAV. 

 

J’ai jamais put m’empêcher de faire une parabole entre l’actualité et l’assaut de mon ovule (le rapport au choc violent, à l’origine du mâle etc..), je sais c’est très con , mais au moins, je me souveindrais du jour où….

Moralité: Fais gaffe,tu fais pipi sur une bandelette et tu en prend pour toute ta laïfe.

Rock me Mama

Vous vous souvenez que j’ai eu quelques bobos qui m’on valu un bel arrêt et son lot de soucis admnistratifs dont je suis loin d’être sortie (hein cher M. LaBanque et son bon million d’assurances qui ne servent à rien au final ooop’s je m’égare…..)???

Pendant que je soignais mon dos et mes côtes, en essayant vainement de ne pas envoyer chier la terre entière, je fouinais un peu dans mon bazar et je suis tombée sur des photos de moi enceinte. Vous voyez que je ne suis pas si nulle que ça puisque j’ai réussi à engendrer le mal & le mâle à me reproduire. Quand je me suis vue j’ai poussé un cri d’horreur! Non pas que je sois plus laide que d’habitude enceinte (la tronche de zombie je l’ai tout le temps), pas non plus à cause de mes 35 kg quelques kilos de plus sur la balance, pas à cause de mon énoooooorme bide (pour arriver à pondre un miniscule bébé à l’arrivée nous sommes pas toutes égales devant dame nature grrr hein Cin’ ) non non non.

Alors c’est quoi ce drame? J’vous le dis?

Les fringues!!!!! oh Pinaise! Déjà à l’époque ,soit un plus de 8 ans, ça me semblait naze alors autant vous dire qu’avec le recul je me rends bien compte qu’il y a une couille dans le potage un sérieux problème. Rendez-vous compte, j’étais obligée de porter de la couleur,oui, moi, de la couleur et du plus bel effet si vous voyez ce que je veux dire. Okay c’est futile, je vous l’accorde. Mais primo je suis une vraie fillasse avec tout ce qui va avec,deuzio je bosse dans la fringue depuis toujours (eh ouais tata elie est elle a pas l’air comme mais elle est styliste mes z’amis) donc comprenez que la fringue de grossesse ça été pour moi un vrai calvaire tourner juste avec quelques pièces valables (hors de prix) que j’ai usées jusqu’à la corde, pour le reste c’était juste histoire de ne pas sortir à poil.

T’as vu l’étendue des dégâts à H-12? Punaise mon t-shirt il est tout droit sorti du clip yellow submarine des Beatles!

Déjà, a la base, les vêtements de maternité ça craint alors quand on cherche un soupçon de rock’n’roll dedans ou simplement du sombre ça devient vite la quête du Saint Graal! Tout le monde sait de quoi on parle mais personne ne sait où le trouver, on se trimballe d’enseignes en grandes marques sans succès (on arrive bien à chopper quelques trucs par ci par là m’enfin rien de transcendant)

Inutile de dire que le skull ou le délire rockab’ tu peux te le coller derrière l’oreille. Ouais parce que quand tu couves tu es heureuse et rayonnante, fière de porter ce gros ventre par conséquent tu t’affiche dans du jaune poussin, du rose bonbon et autres motifs qui indiquent bien que tu partages ton intérieur avec un bébé.

Pourtant des fois y’en a qui déchirent. Genre KandyK par exemple.Moi j’adore qu’elle soit enceinte ou pas de toutes façons. J’avais le souvenir d’être tombée là-dessus il y a quelques mois:

Hey ça va on oublie pas de respirer!

Du coup, la coriace que je suis à remué ciel et terre pour trouver qui c’est-y qui a fait cette série de fringues pour rock’n mamans. A la clé, une très belle rencontre avec un couple adorable qui ont sorti une petite collection plutôt basique certes mais avec quelques petits morceaux de rock dedans, des vêtements confort et pas mal coupés. Chez eux tout se joue dans le détail: boutons tête de mort, broderies pin-up et cie.

On est quand même en droit d’avoir encore envie de porter, des top cherries pas trop froufroutans, de la pencil skirt même avec un gros bide ou de ne pas se mettre à détester les sugar skulls parce qu’on porte « la vie » et que c’est pas censé être compatible.

Sérieusement, pour l’avoir vue en vraie la collection ben je dois avouer que je me multiplierais bien encore une fois ou plus.

C’est en ligne par ici et à la boutique  à partir de mercredi.

Ps.Non la dame n’est pas livrée avec.

Commentaires sur Survivre à la femme enceinte : un challenge

En lisant l’article D’Eve sur le maternage et son côté rock’n’roll, j’ai repensé à cette période où mes mômes étaient encore des bébés. Et de fil en aiguille, je me suis retrouvée projetée dans cette période aussi paradisiaque que cauchemardesque qu’est… La grossesse.

Ouais, la grossesse c’est une tuerie. Aujourd’hui, quand j’entends les femmes raconter leur grossesse, je suis toujours effarée de constater à quel point je me sens en décalage par rapport à leur vécu et leurs émotions.

Qu’elles soient complètement extasiées ou totalement paniquées, j’ai la désagréable impression que quel que soit leur état d’esprit, elles se retrouvent, quand elles sont enceintes, totalement absorbées par leur ventre. C’est bien simple, elles ne sont plus qu’un ventre.

Entre leurs sautes d’humeur, leurs angoisses, leurs attentes, leur bonheur, leur déprime, et leur BEBE bien sûr, survivre à la compagnie d’une femme enceinte, c’est juste un défi de folie.

Alors bien sûr que globalement, on est ravie pour elle. Enfin ravie, n’exagérons rien… Ca a été génial trois minutes de l’entendre geindre/s’extasier/pleurer de joie. Depuis, c’est moyen limite pénible. On peut même dire qu’elle est gonflante, la copine, côté conversation (sauf quand la copine c’est Eve bien sûr, avec qui je ne me suis jamais autant marrée que quand elle était enceinte).

Donc, j’ai pensé que no lectrices méritaient bien un guide de survie pour supporter la femelle gestante.

Alors on est bien d’accord, la copine enceinte est une vivante punition, pour deux raisons : soit vous mourez d’envie d’avoir un bébé mais de multiples facteurs sadiques vou en empêchent (pas de père sous la main, pas de vie sexuelle, pas d’hormones), soit vous exécrez l’idée même de ondre un lardon, et les niaiseries de votre copine à gros melon ventral vous saoulent grave.

Soyez lucide, quelle que soit votre position, la femme enceinte sera chiante : vous ne l’avez peut-être pas compris, mais son bébé c’est un peu le premier bébé de tous les temps, quoi. Et vou ne l’avez pas encore saisi, mais ce qu’elle ressent c’est unique. C’est tellement fort, telement… Ah, les mots lui manquent tellement c’est… Ouais, ben si les mots te manquent chérie, ferme-la deux secondes et reprends un cupcake, c’est bo pour ce que t’as.

Le truc pour survivre, c’est de contrer la femme enceinte. A ses déclarations enflammées, répondez de façon enflammée. Ca la désamorcera. Au pire, si elle n’a pas d’humour, vous échapperez à une amitié pénible, de celles qu’on entretien laborieusement avec les femmes que la maternité lobotomise (ouais parce que ça ne s’arrange pas à la naissance du bébé, loin de là. Je sais de quoi je parle, j’ai deux enfants et parfois ça me met les neurones en mélasse).

Petit florilège de phrases qui tuent :

Elle dit : « Je ne peux pas te décrire ce que c’est, tu comprendras quand tu le vivras ».
Répondez : « Je vois ce que tu veux dire. Je ressens la même chose depuis que j’ai lâché PC pour Mac ».

Elle dit : « Avoir un bébé, ça te change la vie, tu n’imagines même pas »
Répondez : « Si, j’imagine… Un peu comme l’Ipod Touch ? Ou ma nouvelle voiture, qui a bouleversé mon existence ? »

Elle dit : « Haaaaan !!! Il a bougé ! Tu veux toucher ? Mais si, vas-y, touche, tu as le sentir ! »
Répondez : « Ah ouais, super ! ‘ttends, je finis ma tarte. Mmmm, ch’est bon. Cha partira tu crois, la meringue sur ta robe à fleurs ? »

Elle dit : « On m’a raconté l’accouchement de la soeur du beau-frère de ma cousine. Une expérience unique, surréaliste. J’avais hâte de t’en parler.
Réponder : « T’es gentille, mais je me suis tapé un steak tartare à midi. J’ai ma dose de viande crue pour la semaine. »

Bref, soyez poétique, inventive, délicate…

Et en attendant qu’elle revienne sur terre, secouez-la et faites-lui découvrir un autre univers moins gnangnan, ça l’aidera peut-être à ne pas oublier qu’être enceinte n’empêche pas d’être une femme…