Dee Snyder, Slash ,Robert Plant et Tina Turner sortez tous de ma fille!

Ce matin,j’ai failli passer de vie à trépas lorsque j’ai crû croiser
Slash dans le couloir se dirigeant vers les toilettes tel un zombie pas frais.
Après ouverture du deuxième oeil et connexion du neurone d’astreinte je
me suis dit que ça ne pouvais pas être lui parce que d’une, je doute qu’il
porte un pyjama punk aussi mignon soit-il,qu’il n’a pas ni sa guitare
ni son chapeau, qu’il mesure plus de 98cm et que si le monsieur en
question s’était couché dans les draps princesse du Gremlins je pense
que j’aurais tilté au moment du bisou du soir (il doit piquer et sentir
un peu plus la gitane maïs que Hell-A? Quoique…) ,non?

Après examen attentif et palpation de la chose, sous la masse capillaire il se trouve…MiniMe.
Argh! mais il s’est passé quoi encore capillairement parlant?! En une nuit?

On dirait Dee Snyder qui se serait reproduit avec Slash et aurait prit Robert Plant comme parrain.

 

Avec l’enfant maléfique,
c’est tout ou rien, même au niveau de la chevelure! Lisse le soir, un
coup d’humidité pardessus et vlan, le lendemain matin, tu te retrouves avec toute la masse
capillaire du groupe Europe au grand complet sur une seule et même
petite chose.Ça a de quoi surprendre quand on y est pas préparée.

Même Pop’n’Daddy a lâché un  » Euh tu lui as fait quoi là? »
Ah ouais? Parce que c’est de MA faute si TA fille ressemble un
hardrocker tout droit débarqué des années 80?! Musicalement je veux
bien mais pour ce qui est de ses cheveux j’irais plutôt chercher vers la génétique .

On rigole, on rigole mais moi qui vit avec des baguettes de tambour (ou
batterie ça fat plus classe), je fais quoi avec Tina Turner Jr à h-30
min de l’école?
Je dégaine ça (tant qu’à vendre des accessoires rock’n roll autant que ça serve):

Mais pensez bien que Zoli pitite barrette elle s’est barrée en courant vue l’ampleur du taf!

Le serre-tête
ça ne va pas résister à l’équation toboggan-bac à sable-électricité
statique-bonnet et c’est le mien en plus. J’suis pas prêteuse et je
vous merde! Si vous retrouviez votre pile de t-shirt rock pillé par le
chromosome XY  tout droit sorti de votre utérus parce que sa mère à la taille d’un gamin de 9 ans  parce que ceux de Pop’n’Daddy on peut en faire une toile de tente
sont encore légèrement trop grands, que la seconde femelle de la maison
passe sa vie à me piquer tout le reste: converses AC/DC, escarpins,
bijoux… Et Cherry on ze cake: le mâaaaale qui met tes chaussettes
en taille 35 « sans faire exprès »-Mais vuiii c’est ça t’as pas vu
qu’elles montent au genou et qu’elles sont pleines de skulls roses?!-
Toi aussi, tu serais comme la fourmi, tu ne serais pas prêteuse.
La seule chose que je le lui aurait volontiers prêtée étant ma barrette
Tarantule mais je comprends pas ,y’a rien à faire elle ne veut pas.
Elle ne doit pas aimer le vert.

J’ai bien évidement pensé au bonnet mais bien que l’instit’ soit la
plus adorable et la plus rockab’ qui soit, si si j’vous promet on
dégoté la seule instit’ incollable sur Johnny Cash et les fringues à
pois rouges
. Je doute malgré tout qu’elle soit d’accord pour que ma Chose garde son
bonnet toute la journée.

Seule solution d’urgence les élastiques beeeeeaucoup d’élastiques.
Après un kilo de colle à papier peint, un peu de gel et les fameux bobbles, j’ai redécouvert que ma fille avait des yeux.

Bien évidement ça arrive un jour de photo d’école.Quand j’vous dis que cette enfant me pourrira l’existence
jusqu’à la fin.

Commentaires sur Ma fille n’est plus une princesse : thanks GOD !!!

La maternité, c’est un grand bonheur. Enfin je veux dire par là que c’est un grand bonheur quand on n’a pas subitement envie de faire un retour-produit en allant réclamer au SAV pour qu’il reprenne le môme sur la base d’un vice caché.

Et je peux t’assurer que ma gamine, côté vices cachés, elle m’en a fait voir de toutes les couleurs. Bien qu’à franchement parler, l’expression « toutes les couleurs » soit purement générique en ce qui la concerne, vu que l’unique couleur qu’elle ait daigné porter ces trois dernières années a été le ROSE. Du rose partout, tout le temps : des barrettes pour les cheveux jusqu’aux pompes en passant par ses petites culottes, TOUT se devait d’être rose, sans aucune concession ni variation possible. Ah, si, pardon, je suis injuste : elle voulait bien porter du rose pailleté aussi. Avec des paillettes argentées.

Donc moi, je n’ai pas eu droit à Dora l’Exploratrice ni à Bébé Lilly, mais je me suis mangé du rose matin, midi et soir, juqu’à en avoir des nausées.

J’ai tout essayé pour la désintoxiquer : la suggestion discrète, la coercition féroce, le shopping ludique, les promesses aussi lâches qu’hypocrites, mais rien à faire : ma gamine, son credo, c’était « vivre en rose ou mourir ». Alors j’ai enduré le rose. Avec courage et dignité.

Mais alors que je craignais que cette petite peste ne passe à la vitesse supérieure en attaquant la gamme Hello Kitty, elle a soudain viré de bord et s’est trouvé une nouvelle obsession, grâce à un merveilleux petit garçon dont elle est tombée amoureuse. Enzo. Grâces soient rendues à Enzo, qui a délivré ma fille du rose.

Enzo, il est rock’n’roll. Rock’n’roll comme jamais un enfant ne l’a été dans la cambrousse où j’habite. Enzo, il déchire grave sa race à l’école. Et ma fille, ben elle est raide amoureuse. Alors pour le regard farouche d’Enzo, pour ses faveurs aussi rares que précieuses, pour son côté obscur, ma môme a abandonné le rose.

Au profit du culte de la tête de mort.

Eh ouais, la culture rock’n’roll restant un peu complexe pour cette délicieuse enfant, les subtilités vestimentaires d’un vrai look lui échappent encore, et ce n’est certainement pas moi, sa vieille mère total out of fashion, qui vais pouvoir l’aider. Alors la gamine, elle fait une fixette sur la tête de mort. Dans tous ses états. A toutes les sauces.

Parfois, je me demande même si je ne suis pas sur le point de regretter la belle époque du rose.

Mais il ne sera pas dit que je ne suis pas une mère dévouée, bien que je goûte fort peu l’idée de voir ma gosse se métamorphoser en porte-parole de la skull-attitude. Et c’est en cherchant à rhabiller mon ex-princesse en conformité avec ses nouveaux goûts vestimentaires que je me suis aperçue qu’en matière de têtes de mort, les a priori ont la vie dure et que je pouvais décemment faire plaisir à la petite sans la transformer en squelette ambulant ultra-dark.

Alors déjà, elle peut se pavaner avec ça :

Et elle a décidé que dorénavant sa tirelire rose en céramique über-kitsch serait remplacée par ça :

Ensuite, une fois qu’on a pigé le principe, même une mère aussi attardée que moi peut se lancer dans le relooking :

   
+

= ex-princesse rock’n’roll (un peu en tous cas).

Mais le cap crucial à passer, ça va être l’anniversaire d’Enzo, auquel Mademoiselle est invitée. Et le petit gars, paraît qu’il est stylé à mort et qu’il ne faut pas taper à côté : ni too much, ni cheap. Alors il semblerait que le jeune homme puisse bientôt se pavaner avec ça :

Bon sang, ça a de la gueule quand même. Je me demande si je ne vais pas m’accessoiriser aussi, finalement…